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 Abrégé du Livre des vertus

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Nicolas de Clugny



Masculin Nombre de messages : 48
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Charge dans l'Eglise : frère thomiste
Date d'inscription : 31/10/2012

MessageSujet: Abrégé du Livre des vertus   Sam 10 Nov 2012 - 20:46

Comme je suis en train de m'imprégner de la nouvelle théologie issue de la réforme, j'en profite pour faire profiter les habitants de mon village de résumés des différentes parties qui composent le Livre des Vertus.

Je vous livre les premiers résumés réalisés:

Citation :
L'Univers:

Au début était le Néant. Le Néant, c’est lorsque même l’idée de l’existence est impossible. Sauf pour Dieu qui n'a ni commencement, ni fin, qui est infini et éternel et qui est donc, à cause de cela, l'être parfait.
Il Lui suffit d’une simple pensée pour que quelque chose passe du Néant à l’Existence et d’une autre simple pensée pour que cela retourne de l’Existence au Néant. Tout Lui est donc possible et tout Lui doit donc son existence.
Il est ainsi le Créateur de toute chose, car toutes ces choses, mouvement, matière, énergie, temps, et même le Néant, sont tous une partie de lui-même.
De ce fait, Dieu sait tout, car le savoir même fait partie de Lui, est créé par Lui et trouve sa cause en Lui.
De plus, Il est partout car, aussi loin que l’on aille, on se trouve toujours en Lui.
Un jour, par la pensée, Dieu fit apparaître un point et ce point, il le nomma Univers, puis il créa les étoiles et placa la Terre au centre de cet univers et la recouvrit d'eau et d'air.
Puis il créa le mouvement, mettant en branle les éléments qu'il avait créés et qui, de ce fait, parfois se trouvaient rangés dans leur ordre naturel, et parfois se trouvaient en désordre. Ces éléments en mouvement donnèrent naissance au monde.


La vie:

Dieu constata que sa création était imparfaite, car il voulait aimer sa création et être aimé d’elle en retour; elle en était incapable.
Dieu réunit alors l’amour qu’Il avait en Lui. Il en fit l’esprit. L’esprit contenait l’intelligence, composée de la raison et des sentiments, puis il associa la matière à l’esprit, pour que ce dernier puisse exister en harmonie avec le monde, et nomma le tout “vie”.
Mais Dieu voulait aimer la vie et que la vie l’aime en retour. Ainsi, tandis que la matière, chose lourde serait posée sur la Terre, l'esprit, chose supérieure et légère s'éléverait vers Lui, tendrait à la Perfection divine, exprimant ainsi son amour pour Lui.
La vie prit alors de multiples formes: végétaux, animaux ..., mais, pour que ceux-ci puissent survivre, il fallait que l’animal broute le végétal, que le prédateur dévore la proie, et que les cadavres d’animaux pourrissent pour nourrir les végétaux afin d'entretenir un mouvement perpétuel.
Cependant, pour que les espèces ne s'éteignent pas, Dieu partagea chaque espèce en deux principes complémentaires, qu’il appela masculin et féminin. Tous deux étaient égaux et devaient se rechercher pour s’unifier, et ainsi perpétuer la vie.
Ainsi naquit le cycle du temps où la vie nouvelle remplace la vie qui meurt, l'enfant ses parents ...
Seul Dieu paraissait immobile, échappant aux contraintes du temps.


Les créatures:

C'est alors qu'un groupe d'humains décida de parcourir le monde pour découvrir de quelles merveilles Dieu l'avait doté : ils grimpèrent sur des collines verdoyantes et de gigantesques montagnes. Ils traversèrent des ravins, burent dans des rivières, se reposèrent dans des prairies. Ils dégustaient tout ce que la vie avait à donner de plus beau et doux. Ainsi, ils goûtèrent à la saveur du miel et des fruits. Ils s'enivrèrent de la senteur des fleurs. Ils admirèrent les aurores boréales et les arcs-en-ciel.
Dieu, dans son infinie perfection, avait fait de la vie une merveille, un délice pour ceux qui savaient la déguster.
Ils découvrirent aussi les différentes espèces tant animales que végétales dont Dieu avait pourvu la surface de la Terre et admirèrent les différents talents dont il les avait dotées.
Pourtant, ils constatèrent que celles-ci avaient toutes un point en commun: elles se vantaient toutes d’être l’espèce préférée de Dieu. Leurs talents étaient la raison qu’elles avançaient tous.


Le doute:

Cependant, les hommes, réfléchissant à tout cela, se dirent que cela était bien vrai, que toutes ces créatures avaient vraiment un don particulier: les vaches avaient une famille nombreuse, les moutons une laine douce et volumineuse, les oiseaux des ailes pour voler, les chevaux galopaient à la vitesse de l'éclair, les chênes étaient dotés d'une grande longévité ...
Mais eux, quels étaient leurs talents?
Leurs mains n'étaient pas puissantes, leurs jambes pas rapides, ils ne procréaient pas autant que les vaches, ils ne vivaient pas aussi longtemps que les chênes, il leur fallait s'abriter pour échapper au froid, ils devaient manger pour rassasier leurs faibles estomacs, leurs yeux ne voyaient pas dans le noir ...
Ils se dirent alors qu'ils étaient les créatures les moins aimées de Dieu et se mirent à pleurer, se regardant en silence sans trouver de réponse.
Mais l’un d’eux était resté à l’écart du groupe. Il regardait vers les étoiles. Tous les membres du groupe le négligeaient, le considérant comme un faible d’esprit. Il leur répondait souvent “Heureux les pauvres en esprit...”, mais ne savait que rajouter à cette réplique. Pourtant, de tous, il était le seul à se demander ce que Dieu désirait, au lieu de se plaindre de son sort. Cet homme s’appelait Oane.


La réunion:

Dieu fut attristé des larmes des humains, car il était désolé de voir qu'ils étaient incapables de voir les dons qu'il avait placés en eux et donc, par là, l'amour qu'il leur portait.
Seul, parmi les humains, Oane s'interrogeait, regardant le Ciel; il commençait à comprendre que chaque composante de la création était aimée de Dieu, mais ne savait pas encore pourquoi.
Alors, Dieu décida que le temps était venu de donner sa véritable place dans l’univers à l’espèce dans laquelle se trouvait la seule créature qui comprenait l’amour, seul véritable sens de la vie. Il se dit qu’il fallait éprouver l’amour qu'elle avait pour lui. Pour ce faire, Il décida de réunir en un seul endroit toutes les espèces qu'il avait créées et de leur demander ce qu’était la vie. Ce qu’il ferait d’elles dépendrait de leurs réponses.
C'est alors que, pendant plusieurs années, toutes les créatures de Dieu entreprirent le long et périlleux voyage vers le lieu de rassemblement qu'il avait fixé.


La question:

Lorsque les créatures se furent assemblées à l'endroit indiqué, Dieu s'adressa à elles en ces termes:" Nombre d’entre vous se disent Mes préférés, mais jamais je n’ai jusqu’alors donné de préférence à quelque créature que ce soit.
Alors, le temps est venu que je change cela. Le temps est venu que je fasse un choix parmi mes créatures. Le temps est venu que je nomme une espèce parmi vous “Mes enfants”. Pour faire ce choix, Je vais vous poser une unique question. Vous vivez grâce à Moi, car Je suis votre créateur. Vous vous nourrissez, vous vous reproduisez, vous élevez votre progéniture. Mais vous ne savez pas pourquoi vous vivez. Selon vous, quel sens ai-Je donné à la vie?"
Les créatures, bouche bée, se regardèrent alors, incapables d'y apporter la moindre réponse, quand, de la foule, surgit un être qui, sûr de lui, s'avança et déclara: Tu as fait les créatures animées par le besoin de se nourrir. Tu as fait les forts capables de dévorer les faibles. Sans conteste, il s’agit donc d’assurer la domination du fort sur le faible ! J’en veux pour preuve que je suis le dernier représentant de mon espèce. Seul le plus fort a survécu parmi les miens ! Si Tu me nommes “Ton enfant”, je saurai te montrer qui, de toutes créatures, doit dominer le monde".
Dieu accueillit cette réponse avec un silence glacial.


L'amour:

Dieu se tourna alors vers le groupe des humains et, parmi celui-ci, interpella Oane qu'il pria fermement de donner sa réponse.
Mais si Oane aimait le Très Haut d’un amour sincère, il ne savait pas si cela était le véritable sens de la vie. Il voulait bien donner sa réponse, mais il était considéré comme faible d’esprit par son groupe et personne ne voulait le laisser parler.
Alors, depuis le ciel, un rayon de lumière se fit et vint nimber Oane. Toutes les créatures furent ébahies, admirant la douce lumière qui auréolait l’humain. Elles s’écartèrent alors, le laissant seul face à Dieu.
Dieu réitéra sa question.
Oane répondit alors: "Tu as certes fait Tes créatures se nourrissant les unes des autres, mais il n’y a pas de fort ni de faible. Personne ne rabaisse ni ne piétine les autres. Nous sommes tous unis dans la vie et nous sommes tous tes humbles serviteurs, car Tu es notre créateur.
C’est pour cela que tu as donné des talents plus beaux les uns que les autres à toutes tes créatures. De ce fait, il n’y a pas de créature préférée de Toi, ô Très Haut. Nous sommes toutes pareillement aimées par Toi et nous nous devons tous de t’aimer en retour. Car, sans Toi, nous n’existerions pas. Tu nous a créés alors que rien ne t’y obligeait et nous nous devons de t’aimer pour te remercier de ce geste.
Notre but est de tendre vers Toi, l’Esprit Éternel et Parfait. Donc, selon moi, le sens que Tu as donné à la vie est l’amour".
Alors Dieu dit: “Humain, puisque tu es le seul à avoir compris ce qu’était l’amour, Je fais de tes semblables Mes enfants. Ainsi, tu sais que le talent de ton espèce est sa capacité à M’aimer et à aimer ses semblables."


La décision:

Après avoir fait des hommes ses enfants, Dieu prit un certain nombre de décisions:
- il décida que les autres créatures seraient désormais soumises aux hommes et les priva de langage
- la créature qui avait prôné la domination du fort sur le faible fut condamnée à n'être plus qu'une ombre et à ne pas avoir de nom; mais Dieu lui laissa son Esprit :“Puisque tu es si sûre de ton choix, je te laisse l’occasion de le prouver", lui dit-il.
Elle est la seule à ne pas être soumise aux humains.
- Il fit de l'esprit des humains des âmes: "elles resteront dorénavant les seules à être de nature supérieure, à tendre vers Ma divine perfection"
- Il divisa le temps en sept jours, afin que, le septième jour, les humains puissent se réunir et honorer Dieu, leur père
- Il donna en récompense aux hommes le travail et le fit laborieux, usant, difficile et fatiguant afin que, par la souffrance, ils n'oublient jamais que c'était un cadeau de Dieu
- Il donna aux hommes le pouvoir d'éprouver de l'amour entre eux: "La tendresse et le désir mutuels seront les composantes de ce pur sentiment. La procréation en sera le but. Mais seul l’amour que J’aurai béni pourra permettre l’acte de chair, afin que votre espèce perdure dans Mon amour.”
- Enfin, il créa deux astres, le Soleil et la Lune où les hommes seront envoyés après leur mort suivant leurs actions durant leur vie, après jugement de Dieu. Ceux qui seront envoyés au Soleil connaîtront le bonheur éternel, mais ceux qui seront envoyés à la Lune ne connaîtront plus que la tourmente.


Oanylone:

Après avoir pris ces décisions, Dieu décida de laisser les humains vivre à leur guise, n'intervenant plus dans les affaires du monde; cependant, il avait laissé à la Créature sans nom la liberté de les tenter et pour les pousser à choisir entre la vertu et le pêché.
Cependant, Oane était devenu le guide des hommes; inlassablement, il chercha par monts et par vaux, un lieu propice pour établir les hommes, poursuivant son chemin malgré les ans qui venaient et son affaiblissement progressif.
Enfin, il trouva le lieu idéal, une vallée entourée d'un lac, d'une montagne pleine de richesses minières, d'un verger, de fôrets et de vastes espaces propices à la culture; mais, la mort le rattrapa en cet instant, et il s'effondra, ayant juste le temps de laisser aux hommes un ultime message où il se réjouit de bientôt rejoindre Dieu et exhorta les hommes à vivre dans la vertu afin d'être accueillis aux côtés du Père.
Son corps fut alors enterré au milieu de la vallée et les hommes promirent de se réunir chaque semaine sur sa tombe; en outre, la ville que les hommes fondèrent reçut, en son honneur, le nom d'Oanylone.


Le travail:

Alors que, dépitée, la Créature sans nom méditait sa vengeance, les hommes prospéraient et s'accroissaient en nombre et leur intelligence, associée à ce don du travail qui leur venait de Dieu, leur fit accomplir de nombreux progrès qui améliorèrent leur confort et leur existence.
Ainsi les hommes apprirent à cultiver, élever les animaux, tondre leur laine, utiliser leur cuir, cuire les aliments, fabriquer des outils comme le couteau pour découper la viande; d'éleveurs et de chasseurs, certains devinrent tisserands, boulangers, pécheurs ...
Dieu contribuait à cet âge de bonheur en donnant à ceux qui savaient aimer le monde de la nourriture, qu’ils n’avaient alors pas à produire. Parfois également, ils les encourageait en les rendant temporairement plus forts, plus intelligents ou plus charismatique.


L'acédie:

Les hommes apprirent aussi à associer leurs forces pour le travail en commun. Ils découvrirent les arts et sciences, les plantes qui soignent, inventèrent l'écriture pour mieux communiquer et aider leur mémoire.
Mais toutes les inventions que les humains avaient créées rendaient leur labeur moins dur.
Les humains se laissèrent griser par la douceur de leur vie. Elle leur semblait si douce et si agréable qu’ils ne comprenaient plus l’intérêt de consacrer leur vie au travail.
Ils se détournaient peu à peu de l’amour de Dieu.
Le premier péché fut ainsi involontairement découvert par les humains. Il porta plus tard le nom d’acédie. Celle-ci consistait à se détourner de l’amour divin, à s’abandonner à la vie matérielle en négligeant la vie spirituelle, à se préoccuper de l’instant sans garder à l’esprit ce pour quoi Dieu nous avait conçus. Elle allait amener aux autres péchés, conduisant ainsi les humains à leur perte. Elle atteignit son comble lorsque le dimanche ne fut plus occupé à la prière, mais à la paresse.


Les péchés:

Oane n’était plus là pour les guider, lui qui avait été le seul à comprendre ce qu’était l’amour du Très Haut. Maintenant seuls, privés de leur guide, les humains ne savaient plus différencier la vertu de l’erreur.
Certains se mirent alors à manger plus que la faim ne le leur demandait, y prenant un plaisir qui ne faisait que s’amplifier. Le goût sucré des fruits, la chaleur de la viande et l’ivresse de l’alcool prirent le pas sur les plaisirs simples de la vie.
Le fort produisait plus, mangeait plus, buvait plus, et devenait plus fort encore. Le faible produisait moins, mangeait moins, buvait moins, et s’affaiblissait. La communauté des hommes et des femmes se divisait à cause de leur goût immodéré des choses matérielles, qui les conduisit à l’avarice.
Alors, l’homme et la femme se firent orgueilleux. Le fort se mit à mépriser le faible, qui ne pouvait pas se nourrir autant qu’il le souhaitait. Comme la Créature Sans Nom, ils pensaient maintenant que le rôle des forts était de dominer les faibles.
C'est alors que la Créature sans nom murmura à l’oreille du faible et attisa son envie et son ressentiment contre les forts. La colère gronda dans le coeur du faible, qui se révoltait intérieurement contre cette injustice. Elle lui demanda pourquoi il liait ce sentiment dans son esprit et ne le laissait-il pas s’exprimer?
Alors, l’homme et la femme frappèrent leurs frères et leurs soeurs. Prenant couteau et hache en main, chacun frappa l’autre en une tempête de violence et de destruction. Ils venaient d’inventer la guerre, qui atteignit son paroxysme lorsque chacun se mit à brûler la maison et à dévaster les champs de l’autre. La Créature Sans Nom vint à nouveau près de ceux qui l’écoutaient et leur dit que la violence et la haine leur permettraient dorénavant de dominer leur prochain.
L’homme prit alors la femme et la femme prit l’homme. Le fort abusa du faible et le faible subit le fort. Tous s’unirent en une orgie bestiale de stupre et de violence. Leurs corps mêlés reflétaient les flammes des maisons qui brûlaient. La nourriture était dévorée, la boisson engloutie. Les paroles suaves encourageaient les gestes indécents. Une véritable orgie de débauche avait lieu. Et de l’amour de Dieu il ne fut plus question.


le roi du péché:
Cela dura des semaines et des mois. Le péché avait prit le contrôle de leur vie. Ils avaient oublié jusqu’à l’existence même de Dieu et ne ressentaient plus son amour. Ils n’aimaient plus que les plaisirs malsains du péché. Sans Oane pour la leur rappeler, la vertu fut oubliée et le vice fut élevé sur le piédestal de leur détestable vie.
La Créature sans nom devint leur seul interlocuteur. Un jour, elle alla sur la tombe d'Oane et en renversa la pierre tombale. Elle déterra son cadavre et dansa une nuit entière, piétinant son corps, en chantant sa joie d’avoir détruit son oeuvre. Tout autour d’elle, la ville était en flammes, alors que les humains se battaient, se violaient, se tuaient et se torturaient mutuellement. L’heure du triomphe semblait être venue pour la créature que Dieu n’avait pas nommée.
Elle alla dans les mines récupérer ce dont elle avait besoin pour se forger sa couronne de reine de la Création.
C'est alors que Dieu gronda, obscurcissant le Ciel et reprochant aux humains leur inconduite, puis il les prévint en ces termes: “J’ai créé pour vous un lieu appelé Enfer, que j’ai disposé dans la lune, où les pires d’entre vous connaîtront une éternité de tourments pour les punir de leurs péchés. Dans sept jours, votre cité sera engloutie dans les flammes. Et ceux qui y seront restés passeront l’éternité en Enfer. Cependant, Je suis magnanime, et ceux d’entre vous qui sauront faire pénitence passeront l’éternité dans le soleil, où se trouve le Paradis.”


La punition:

Les humains s’étaient tant abandonnés au péché que Dieu avait décidé de les punir.
La Créature Sans Nom trouva même sept humains dont le goût pour le péché était si prononcé qu’ils en incarnaient chacun un.
Asmodée s’était abandonné à la gourmandise, Azazel à la luxure, Belial à l’orgueil, Lucifer à l’acédie, Belzébuth à l’avarice, Léviathan à la colère et Satan à l’envie. Suivant les conseils de la Créature Sans Nom, ils prêchèrent la rébellion contre Dieu, affirmant que seule la jalousie Le motivait dans sa décision de punir les humains. Ils ajoutaient qu’Il était faible et ne pourrait jamais mettre Sa menace à exécution. Nombre d’humains les écoutaient avec attention.
A cet sept pécheurs s'opposèrent sept autres humains: Gabriel, Georges, Michel, Miguaël, Galadrielle, Sylphaël et Raphaëlle. Ils prêchèrent l’humilité, affirmant qu’il fallait accepter la punition pour se laver de ses péchés. Le discours de chacun témoignait des vertus qu’ils s’étaient mis à incarner. Gabriel faisait montre de tempérance, Georges d’amitié, Michel de justice, Miguaël de don de soi, Galadrielle de conservation, Sylphaël de plaisir et Raphaëlle de conviction. Seule une poignée d’humains était sensible à leurs paroles, mais la pureté de la foi de chacun d’entre eux valait le vice de cent pécheurs.
Pendant ce temps, durant six jours, Dieu déchaîna les éléments contre la cité. Le septième jour vint conclure la sentence divine dans un titanesque cataclysme. Dans un tremblement assourdissant, le sol s’ouvrit sous les pieds des rares à être restés en ville. Des flammes hautes comme une cathédrale vinrent les dévorer. Les bâtiments furent mis à bas, les pierres s’effondrant sur leurs habitants, et les flammes dévastaient tout. Bientôt, toute la cité fut engloutie dans les entrailles de la terre, ne laissant plus aucune trace de son existence.
Les sept incarnations du péchés furent punies par Dieu. Elles furent jetées dans la lune, vivant depuis une éternité de souffrances sous le titre de Princes-démons. Ceux qui les avaient écoutés subirent le même terrible sort, portant depuis le titre de démons.
Mais Dieu vit que les sept purs, ainsi que leurs disciples, avaient prouvé que les humains étaient capables de repentance et d’humilité. Il les éleva dans le soleil et furent bénis par une éternité de bonheur au Paradis. Les sept purs furent appelés archanges et leurs disciples anges. Ils devaient seconder le Très Haut en aidant les humains, chaque fois que ce serait nécessaire, à combattre la tentation de la créature qu’Il n’avait pas nommée.
Cependant, prudente, la Créature sans nom avait réussi à fuir la ville et n'avait pas péri.


L'exode:

Plus rien de subsista d'Oanylone et les humains qui avaient survécu fuirent dans tous les coins de l'Univers, certains construisant des barques pour parcourir les mers et pour gagner d'autres rivages.
Ils peuplèrent petit à petit le monde entier, installant des villages partout où ils passaient. Chaque cité organisa son système politique. Afin de financer cette hiérarchie naissante, ils prélevèrent l’or et l’argent des mines et les fondirent pour en faire de la monnaie. Celle-ci leur facilitait les échanges au sein de chaque ville.
Mais, surtout, cela leur permettait d’échanger des marchandises entre cités. Mais ce commerce enrichissait certaines alors qu’il appauvrissait les autres. Les cités se concurrençaient de plus en plus pour le contrôle des ressources. Ce qu’elles ne pouvaient avoir par le commerce, elles tentaient de l’obtenir par la force. Ainsi, chaque cité organisa une armée, engageant des soldats, afin de combattre pour enrichir leur communauté et ses dirigeants.
Dieu décida alors de leur permettre d’apprendre ce qu’était l’amitié, afin que, plus jamais, un humain n’en tue un autre. Il divisa le langage unique en une multitude de langues. Les humains ne se comprirent alors plus entre les cités. Le Très Haut leur permit ensuite de pouvoir apprendre les langues qu’ils ne connaissaient pas. Cet apprentissage nécessitait pour chacun de s’ouvrir à la culture de l’autre. Ainsi, ils étaient moins enclins au combat, étant donné les efforts nécessaires pour apprendre les langages de ceux qu’ils voulaient attaquer.


Le paganisme:

Ils cherchaient une explication à leur vie, alors que la réponse leur était donnée. Mais ils ne savaient plus l’écouter et y restaient sourds.
Le groupe décréta que dans chaque chose, dans chaque élément qui entoure les hommes et les femmes, il y avait un esprit dont la puissance dépassait l’entendement. Ces esprits élémentaux possédaient des pouvoirs surhumains. Ils étaient dotés de personnalités variées et ne manquaient jamais de se concurrencer afin de prouver lequel était le plus fort. Ils entraient souvent en colère et n’hésitaient jamais à se mesurer l’un à l’autre, par humains interposés.
Ainsi, n’ayant plus Dieu dans leur coeur, ils s’étaient inventés tout un panthéon de faux dieux.
Pour honorer leurs multiples divinités, les humains créèrent des églises qui leur étaient dédiées et les nommèrent “temples”. Eux-mêmes, faisant office de clerc dans leur paganisme, se nommèrent “prêtres”. Ils suppliaient l’aide de leurs dieux et, en échange, leur sacrifiaient des animaux. Alors que Dieu avait enseigné à Oane que les multiples créatures du monde, bien que soumises aux humains, devaient être respectées, c’est par leur sang que les païens révéraient leurs fausses divinités.
Alors, Dieu décida que le moment était venu de se rappeler à Sa Création. Il trouva un enfant dans la cité qui s’appelait Stagire et lui enseigna Sa Parole afin que l’Homme retrouve le chemin de la vertu. Cet enfant s’appelait Aristote.
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